Sauvetage
Patrouilles de nuit
De janvier à avril, des bénévoles arpentent la route côtière une fois la nuit tombée, ramassent les jeunes oiseaux au sol et les conduisent au centre de soins avant le lever du jour.

Deux heures, un tronçon de route
Une patrouille n’a rien de compliqué. Deux personnes, une lampe pointée vers le sol, une boîte en carton et un tronçon de route côtière attribué. On le parcourt lentement, deux fois, entre la tombée de la nuit et minuit. La plupart des soirs, on ne trouve rien. Certains soirs, on trouve quatre oiseaux dans les mêmes cent mètres, tous sous le même lampadaire.
Un jeune oiseau au sol ne peut pas redécoller d’un terrain plat. Il lui faut de la hauteur et du vent, et il n’a ni l’un ni l’autre sur le bitume. Laissé là, il se fait renverser, attraper par un chat, ou il est encore au même endroit au lever du soleil quand la chaleur monte. Ramassé, il a de très bonnes chances.
Ce que nous faisons de l’oiseau
Il part dans une boîte ventilée, dans le noir, sans rien à regarder et sans personne pour lui parler. Le stress en tue plus que les blessures. La boîte rejoint le centre de soins le soir même, ou à la première heure si le centre est fermé. Là, il est pesé, examiné pour d’éventuelles fractures et brûlures, puis réhydraté.
Les oiseaux en bon état sont relâchés sous quarante-huit heures, depuis une falaise, aux premières lueurs, face à la mer. Les autres restent une semaine ou deux. Environ neuf sur dix des oiseaux que nous ramassons repartent de leurs propres ailes.
Qui peut le faire
Toute personne capable de marcher deux heures de nuit et de rester calme face à un animal effrayé. Aucune formation en biologie, aucun matériel personnel, aucun engagement minimum. Vous êtes en binôme avec quelqu’un d’expérimenté pour vos trois premières patrouilles.